Crise des subprimes retour aux dossiers d'actu

Qu'est-ce qu'un subprime ?

subprime : crédit à risque, offert à un emprunteur qui n'a pas les garanties suffisantes pour bénéficier du taux d'intérêt le plus avantageux. Apparu aux Etats-Unis, ce crédit immobilier est gagé sur le logement de l'emprunteur. Si celui-ci vient à défaillir, le créditeur peut revendre la propriété de l'emprunteur. C'est un crédit rentable pour l'organisme de crédit, à condition que les prix de l'immobilier montent régulièrement, ce qui était le cas depuis 1945.

Avant la crise

Le marché des subprimes s'est largement développé aux États-Unis à partir de 2001, passant de 200 milliards $ en 2002 à 640 milliards $ en 2006. Il représente alors 23% du total des prêts immobiliers.

Une loi de 1977 (Community Reinvestment Act) oblige les établissements de crédit à prêter à des personnes à revenus modestes.

Ces prêts ont amené à la création d'une bulle immobilière qui elle-même nourrissait la bulle de crédits : tant que l'immobilier augmente, la maison acquise et mise en hypothèque assure que l'opération est rentable, puisqu'en cas de défaillance, on pourra rembourser le crédit en vendant la maison.

Causes du déclenchement de la crise

La FED a augmenté son taux directeur de 1 % à 5,25 % entre 2004 et 2006.

Les prix de l'immobilier ont commencé à chuter à partir de 2006. Le marché immobilier américain affiche une baisse de 20 % les 18 derniers mois précédant la crise.

Vendre les biens des emprunteurs défaillants ne suffisait plus à couvrir les pertes des créditeurs. L'afflux de biens saisis mis en vente sur le marché a même aggravé le déséquilibre du marché immobilier où les prix se sont effondrés.

Les grandes banques, qui financent ces établissements financiers spécialisés, pâtissent également de ces faillites et demandent des remboursements anticipés auxquels les créditeurs ne peuvent faire face, accélérant les faillites. D'autres grandes banques sont actionnaires de ces sociétés de crédit spécialisées.

Conséquences de la crise des subprimes

Crise de confiance entre banques. Baisse des principales sources de refinancement, le marché interbancaire et l'émission d'ABCP. Les banques sont réticentes à se prêter entre elles. Certaines banques en arrivent à emprunter à des taux élevés pour refinancer des crédits qu'elles ont accordés précédemment à des taux moindres.

Les marchés financiers chutent à partir du 18 juillet. Le 9 août 2007, le CAC 40 perd 2,17 %.

De crainte d'une contagion au reste de l'économie, la FED décide le 18 septembre la baisse d'un demi point de ses taux directeurs, ramenés de 5,25 % à 4,75 %, puis la Fed poursuit cette politique de baisse du taux directeur en novembre 2007. Le 18 décembre 2007 la BCE s'est engagée à prêter en quantité illimitée et en garantissant l'anonymat au taux de 4,21 % pour deux semaines pour réduire les difficultés à emprunter sur le marché interbancaire.

Les banques australienne Macquarie, américaine Bear Stearns, britannique HSBC et allemande IKB sont parmi les premières touchées.

Une "ruée bancaire", limitée à la banque britannique Northern Rock, a eu lieu en septembre 2007. En trois jours les clients de la banque ont retiré 12 % des montants déposés

Les grandes banques mondiales ont annoncé des résultats des troisième et quatrième trimestres 2007 en forte baisse

Estimations du coût global de la crise : 565 milliards $ (358 milliards €) pour la seule exposition des banques au secteur des "subprimes", mais 945 milliards $ (600 milliards €) pour le coût total de la crise financière (FMI, Avril 2008)

Source : Wikipédia