Le nucléaire iranien retour aux dossiers d'actu

Les débuts du programme - la coopération avec les Etats-Unis

Un programme nucléaire de coopération civile a été signé dès 1957 avec les États-Unis dans le cadre du programme "Atoms for Peace". En 1959 est créé le Centre de recherche nucléaire de Téhéran (CRNT), opéré par l'Organisation de l'Énergie Atomique d'Iran (OEAI). Le CRNT était équipé avec un réacteur nucléaire de recherche fourni par les américains, opérationnel depuis 1967. L'Iran signe le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 1968 et le ratifie en 1970. Avec la fondation d'une agence atomique nucléaire et le TNP mis en place, le Shah Mohammad Pahlavi avait projet de construire jusqu'à 23 centrales nucléaires pour l'année 2000 à travers le pays avec l'aide des USA.

En 1975, la compagnie allemande Kraftwerk Union AG, signe un contrat pour 4 à 6 milliards de $ pour la construction d'une centrale. En 1976, le président américain Gerald Ford signe avec hésitation une directive offrant à Téhéran l'opportunité d'acheter et d'utiliser une installation de traitement du combustible usé de fabrication américaine, permettant d'extraire du plutonium à partir de combustible. L'accord était écrit en vue de parvenir à maîtriser le "cycle complet de l'atome", avec tous les risques en terme de prolifération que cela pourrait engendrer. Il stipulait que "l'introduction de l'énergie nucléaire en Iran permettra à la fois de fournir les besoins grandissant de l'économie iranienne et de libérer des ressources de pétrole pour l'export ou la conversion en produits pétrochimiques.".

Arrêt du programme

Après la révolution iranienne, l'Iran informe l'AIEA de ses projets de reprendre son programme nucléaire, en utilisant du combustible nucléaire enrichi en Iran. En 1983, l'AIEA prévoit une assistance technique et la formation de technicien nucléaires iraniens. Cependant, elle a été forcée de terminer ce programme sous la pression américaine.

Suite à la révolution iranienne, la France, les Etats-Unis et l'Allemagne refusent d'honorer leurs contrats et de fournir de l'uranium aux iraniens, tout en gardant les milliards de dollars qu'ils avaient reçus. Le gouvernement de l'Iran suspend donc ses paiements et fait pression sur la France, notamment en supportant des groupes terroristes, dont le Hezbollah qui avait pris des citoyens français en otages dans les années 1980.

Les réacteurs de Bushehr ont ensuite été endommagés par les multiples frappes aériennes irakiennes entre le 24 mars 1984 et 1988, et le travail sur le programme nucléaire s'est arrêté.

Reprise du programme

En 1995, l'Iran signe un contrat avec la Russie afin de compléter le travail sur la centrale partiellement construite de Bushehr. En 1996, les États-Unis essaient, sans succès, d'empêcher la Chine de vendre à l'Iran une usine d'enrichissement de l'uranium. La Chine fournit aussi le gaz nécessaire pour tester le processus d'enrichissement de l'uranium.

Le 14 août 2002, un dissident iranien révèle l'existence de deux sites nucléaires inconnus, à Natanz et à Arak. Mais l'Iran n'était même pas obligé d'informer l'AIEA de leur existence à ce stade. Néanmoins, l'Iran autorise les inspections des installations par l'AIEA qui conclut que les installations ne faisaient pas partie d'un programme militaire.

Le 14 novembre 2004, le responsable iranien des négociations sur la question du nucléaire annonce une suspension temporaire et volontaire de son programme d'enrichissement d'uranium (l'enrichissement n'est pas une violation du TNP) sous la pression de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne agissant au nom de l'Union européenne.

L'ère Ahmadinejad

Les 8 et 10 août 2005, le gouvernement iranien reprend la conversion d'uranium à l'usine d'Ispahan, seulement cinq jours après l'élection de Mahmoud Ahmadinejad, les activités d'enrichissement étant toujours officiellement suspendues. Cela a poussé l'UE à faire pression sur l'AIEA afin d'amender le dossier du programme nucléaire iranien devant le conseil de sécurité des Nations unies.

Le 11 avril 2006, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonce à la télévision que l'Iran a enrichi avec succès de l'uranium. (l'uranium a été enrichi à 3,5%, une bombe nucléaire demanderait un enrichissement de 90%). Le lendemain, Condoleezza Rice demande au conseil de sécurité de prendre des mesures fortes afin de pousser Téhéran à renoncer à son ambition nucléaire.

Le 13 avril 2006, le président Ahmadinejad lui répond que l'Iran n'abandonnera pas l'enrichissement de l'uranium et que le monde devrait considérer l'Iran comme une puissance nucléaire, en ajoutant : "Soyez en colère contre nous et mourrez de cette colère, nous ne discuterons avec personne à propos du droit de la nation iranienne à enrichir de l'uranium".

Enjeux politiques

La puissance nucléaire iranienne est devenue une discussion politique à la fois en Iran et dans les pays occidentaux.

En Iran

Le public iranien voit la puissance nucléaire comme un moyen de moderniser et de diversifier les sources d'énergie. Le public iranien, pratiquement tous les candidats politiques et le gouvernement actuel sont unis sur ce point : l'Iran devrait développer son industrie nucléaire civile.

En Occident

Les gouvernements occidentaux pensent que le programme nucléaire civil possède des intentions cachées, dont l'introduction possible d'armes nucléaires. Or, il n'y a actuellement pas de preuves que l'Iran se sert de ses capacités nucléaires pour produire de telles armes, et les installations connues n'ont pas la possibilité de produire du matériel de qualité militaire. N'importe quel usage militaire en dehors de la production d'énergie électrique serait une violation du TNP, que l'Iran a ratifié en 1970.

Les services secrets américains affirment en 2007 que l'Iran avait mis en place un programme d'armes nucléaires en 2005.

En France

Le 5 août 2006, l'ambassadeur d'Iran en France, Ali Ahani, affirme que "le programme nucléaire civil iranien ne déviera jamais vers un programme militaire". Le 3 octobre 2006, le directeur adjoint de l'OEAI, Mohammad Saïdi, déclare: "Nous avons une idée, c'est que la France crée un consortium avec les sociétés françaises Eurodif et Areva pour faire de l'enrichissement de l'uranium en Iran, et, ainsi, ils pourront surveiller étroitement nos activités".

Source : Wikipédia